La conservation du patrimoine en matériaux organiques -
Le laboratoire ARC-Nucléart de Grenoble
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Dans le cadre de la fête de la science du 3 au 13 octobre 2025, 30 personnes ont assisté à la conférence passionnante de Christian Vernou, chercheur associé à l’UMR 6298, ARTEHIS ancien directeur scientifique et culturel du laboratoire ARC Nucleart de Grenoble. |
Christian Vernou a expliqué avec une grande pédagogie, comment la science vient utilement au secours de l’archéologie pour la conservation des matériaux organiques.
Les recherches archéologiques entraînent parfois des découvertes d’artefacts en matériaux organiques (bois, cuirs, fibres végétales) qui nécessitent des gestes de protection rapides et spécialisés.
Le laboratoire ARC-Nucléart, a été créée en 1970 afin de répondre à ces exigences. Il peut intervenir sur place aux côtés des archéologues afin d’en faciliter le prélèvement, assurer leur conservation par des supports adaptés, puis les transporter dans ses locaux spécialisés. Le processus de traitement et de consolidation, effectué dans le grand laboratoire de 3 000m2 situé à Grenoble, sera ensuite appliqué. Ce traitement permet ensuite une datation précise à un an près.
De nombreux objets datant parfois du Néolithique sont ainsi préservés.
Les restaurations sur des bateaux qui servaient au grand commerce, sont très spectaculaires sur des longueurs pouvant aller jusqu’à 31m. Tels le chaland antique (bateau à fond plat) exposé au musée d’Arles ou les pirogues trouvées à Bercy, désormais exposées au musée Carnavalet à Paris. Lors des fouilles, les bois sont souvent gorgés d’eau, il faut les traiter, les plonger dans des grands bassins au PEG plusieurs mois, puis les sécher par lyophilisation avant de les restaurer. C’est tout le savoir-faire du laboratoire qui permet ensuite la conservation de tous ces objets que nous pouvons tous admirer dans les musées.
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A Chassenon, de nombreuses découvertes antiques ont bénéficié de ce traitement spécifique puis de leur conservation grâce au travail minutieux de ce laboratoire. Par exemple en 2007, lors de la fouille d’une maison, Gabriel Roques archéologue, a découvert de nombreuses pièces en bois dans la cave. Le travail des spécialistes a permis la conservation de ces objets antiques et leur datation précise dont certaines sont de – 48 avant JC.
Il en est de même pour de nombreux cuirs découverts lors des fouilles dans les champs des Coutis. Un seau en chêne trouvé dans un puits par F. Delage en 1936 a lui aussi été restauré puis conservé ainsi que le bâton en buis (en photo ci-contre), trouvé dans le puits n°1, à motif de coq, symbole du dieu Mercure. |
Les Amis de Chassenon



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