Péchés et Enfers au Moyen-Age

Le samedi 25 mai 2024, 31 personnes ont assisté à la conférence de Lucie Blanchard, historienne de l’art, médiatrice culturelle au sein de CLEM Patrimoine.

 

 

Cette conférence était fluide et aboutie, avec une présentation ludique et complète du péché dans l’art médiéval, enrichie de très nombreux exemples et photos de Lucifer, des péchés capitaux, de l’Apocalypse et de l’Enfer dont voici un court résumé:

 

« À l’époque médiévale, les représentations des péchés et de l’Enfer investissent de nombreux supports : peinture, sculpture, tapisserie, enluminure...

Lucifer, c’est la création du mal, l’histoire d’un ange déchu « porteur de lumière » qui s’est retourné contre son créateur et a été précipité en enfer, sur terre.

 

La production artistique donne corps au combat du bien et du mal, frappant le regard et la mémoire de ceux qui croisent ces images. Le péché constitue une source inépuisable pour les imagiers médiévaux qui utilisent la laideur pour représenter la transgression et les créatures démoniaques.

 

Avec des caractéristiques animales, Lucifer et ses démons avaient la capacité de changer de forme, et une surveillance constante était donc nécessaire. Le péché est d’abord un excès qui peut engendrer un péché capital, comme l’orgueil ou la luxure.

 

Les monstres pullulent sur les Enfers romans et les représentations du récit de l’Apocalypse, tout comme la difformité habite les hommes pécheurs.

 

Homère évoquait déjà l’enfer. Durant la mythologie grecque, Les Enfers c’est le royaume des morts, un lieu souterrain où règne le dieu Hadès. Les Enfers sont séparés du royaume des vivants par un fleuve le Styx mais ils ne sont pas semblables à l’Enfer du christianisme.

 

Démons et vices participent d’un même discours : celui de la tentation et de ses conséquences. Si toutes les cultures ont conçu un au-delà, le thème du jugement des actes se développe véritablement avec le christianisme. C’est la déchéance humaine et son instrument, le corps de l’homme, qui concentre tous les aspects de la faute. Soumis à une moralisation intensive, le chrétien médiéval se doit d’agir avec mesure et vertu afin d’éviter les châtiments prévus après le Jugement dernier.

 

Le tympan de l’abbatiale de Conques, chef d’œuvre de l’art roman du 12ème siècle, représente le Jugement dernier, au centre trône le Christ avec à sa droite, les élus au Paradis où tout est ordre, clarté, paix et à sa gauche, les damnés de l’enfer composé de violence, d’effroi et d’agitation…

 

Nombreuses sont les représentations artistiques de l’Enfer : Les Gueules de l’enfer, la célèbre Porte de l’enfer du musée Rodin à Paris…».

                                                                                                                          Les Amis de Chassenon


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