A Cassinomagus le 10 juin 2023, 56 personnes assistaient à une conférence animée par Jean-Pierre Loustaud, docteur en Histoire ancienne, sur la vie dissolue et secrète des élites urbaines d'Augustoritum au 1er siècle de notre ère.


Rappelant le contexte historique de la ville d’Augustoritum, située sur le territoire des Lémovices, riche en or, qui occupait une position stratégique à mi-chemin entre les mondes méditerranéen et celtique, pour le commerce des vins et des métaux. Toutes ces activités commerciales profitaient à de riches élites urbaines gallo-romaines de souche gauloise romanisée, qui occupaient les plus hautes fonctions soit comme édiles, décurions ou magistrats suprêmes : les duumviri et les sacerdotes. Certains parmi les plus notables occupèrent même, au Sanctuaire Fédéral des Trois Gaules à Lyon, la charge insigne de Prêtre de Rome et d’Auguste. Toutes ces élites de grande moralité « apparente » se retrouvaient pour se divertir.
Quatre grandes domus « à la romaine » ont été fouillées sur de grandes surfaces dont « la Maison des Nones de Mars » en 1992, située en contrebas du forum, qui occupait une surface de 3 800 m2. Le plan est une transposition de ceux des grandes demeures aristocratiques méditerranéennes, connues à Pompéi, avec 28 salles et la succession de porche monumental – vestibule – cour à péristyle – triclinium – jardin à portiques, bassin, toute cette construction était finement décorée avec des marbres précieux, afin de souligner l’opulence du propriétaire.
L’un des murs, de cette grande demeure était recouvert, de graffitis érotiques qui évoquaient quelques exploits sexuels dont l’inscription gravée à la pointe, d’un certain Quintus, notable de haut niveau, qui se vantait de ses exploits. A cette époque, le péché de chair n’existait pas et les propos sexuels étaient très libres. La modification des mœurs est surtout apparue au 19ème siècle…
Lors de la fouille, un dé a été trouvé, dans un petit salon privé richement décoré de peintures de 3ème style pompéien. L’examen minutieux de ce dé, qui a dû coûter très cher, intrigue aujourd’hui tous les archéologues, par le creusement très astucieux de deux faces remplies de plomb qui permettait à son propriétaire de tricher et de sûrement dépouiller ses adversaires. Les jeux de dés étaient interdits et surtout les jeux d’argent.
Jean-Pierre Loustaud a donné de multiples détails historiques de l'aristocratie locale et techniques sur ces tricheries qui ont captivé l'assistance et apporté un grand intérêt à cette conférence avec de nombreuses questions des participants.
Les amis de Chassenon


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