Les fouilles de jardin du presbytère de Chassenon sous la pluie!

 

A l’invitation de Mr Migne Président de Logelia et de l’Inrap, une visite de la fouille du Jardin du presbytère a eu lieu afin de prendre connaissance des découvertes et de faire un premier bilan à 15 jours de la fin de l’opération préventive. Des membres du Conseil général de la Charente (élus et administratifs dont Mrs Boutant, Jude, Rigaud), de la mairie de Chassenon, des Amis de Chassenon, des journalistes, du Service Régional de l’Archéologie et de la direction de l’inter-région GSO de l’Inrap ainsi que de l’établissement public du parc archéologique de Cassinomagus étaient présentssur le site.

 

 

Après une introduction faite par le président de Logelia, un exposé de Philippe Poirier a permis de résumer la méthodologie et de découvrir les premiers acquis donnés sous réserve des études à venir dont les céramiques. Il apparaît que le site peut se diviser en trois séquences.

  • Une phase augustéenne caractérisée par des structures (petites fosses ou fossés, trous de poteau) creusées dans la brèche puis le paléosol est décaissé et remplacé par un épais remblai noir sur l’ensemble des 1000 m². Ce dernier servira à installer des sols délimités par des solins ainsi qu’une aire de travail à vocation métallurgique (forges). Ce dernier point est intéressant pour la genèse de l’agglomération et les activités dont l‘artisanat.
  • Après une phase d’abandon, une domus (ou une villa) sera construite au Ier ou IIe s. ap. J.-C. Il y a trois états dont le dernier se caractérise par la construction d’un balnéaire (petit bain chaud privé)ou d’une salle à manger chauffée (triclinium) ? L’abandon est programmé comme les toitures effondrées sur place en témoignent.

  • Des sépultures et un four de verrier correspondent à la fin de la séquence d’occupation. Leur datation par le carbone 14 permettra de savoir si les sépultures sont du haut Moyen Age ou si elles correspondent à l’histoire de l’église actuelle.

 

En conclusion, cette fouille se trouve à l’intersection de deux mondes : au sud, le monde gallo-romain de Cassinomagus et au nord, celui de l’église médiévale. Pour l’histoire urbaine, la présence de deux séquences augustéennes confortent l’hypothèse d’un substrat précoce aux alentours du sanctuaire. Le développement rapide intégré à une économie du remploi de matériaux de construction pour la domus tranche avec ce qui a été observé près du grand temple. Ceci souligne la complexité de l’histoire de cette étape sur la route allant de Lyon à Saintes et affirme le besoin d‘explorer plusieurs zones.

 

Philippe Poirier Inrap

Anthracologue - Docteur en Sciences

Photos JC Barthout les Amis de Chassenon

 

En ce mois de janvier 2013,  les datations radiocarbones des "faits" les plus récents sont arrivées et elles nous ont été communiquées par Philippe Poirier le directeur des fouilles:

 

 

- le four de verrier : 410-540 ap. J.-C. en calibré soit 5 ou 6e s. ap. J.-C. (on est dans un plateau 14C).

 

- la sépulture isolée près de la rue:  fin 7e-8e s. ap. J.-C.

 

- Deux sépultures proches l'une de l'autre à l'autre bout de la fouille : début 8e-9e s. ap. J.-C.,

 

Tous ces éléments seront précisés par Philippe Poirier au cours de l'Assemblée Générale des Amis de Chassenon le 23 février 2013 à la salle des fêtes de la Mairie.


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