L'amphithéâtre de Chassenon

 

 

Depuis des siècles l'amphithéâtre de Chassenon a intrigué chercheurs, archéologues et aussi, malheureusement entrepreneurs? …

Depuis 1844 avec la citation deJean-Hippolype Michon, nous avons recensé un certain nombre de textes qui traitent de l' amphithéâtre, nous vous les livrons ci-dessous.

Mais, bonne nouvelle les archéologues recommencent à lui trouver de l' intérêt, c'est donc une affaire à suivre …

Zone de texte:              Un des cotés B (de l'amphithéâtre) de Chassenon s'appuie sur le rocher, taillé à plusieurs précinctions, pour recevoir les gradins. L'autre coté C,C', a été élevé dans une largeur de 22 m, en blocage noyé dans le ciment. Il ne reste plus que le rez-de-chaussée dans lequel se trouvent les galeries pour conduire les bêtes dans l'arène. Les gradins ont été enlevés, ainsi que le revêtement extérieur, formé de gros blocs de pierre volcanique dont quelques uns se voient encore.

            Le plan est elliptique comme celui de la plupart des amphithéâtres. Le grand diamètre de l'arène est de 60 m. et le petit de 40.

Zone de texte:   Le propriétaire du jardin formé dans l'arène, en travaillant, l'hiver dernier, a découvert une des galeries transversales m, dans le massif en blocage du coté C,C'. La voûte de cette galerie a été construite sur des cintres d'échafaudage légèrement ogivés, et repose sur des pieds droits taillés dans le tuf. Elle a 2m de hauteur sur 1m80 de largeur dans le bas et 1m à la naissance du cintre. Le rocher du coté B a 3m d'élévation au-dessus du sol de l'arène.

            Au sud-ouest du bourg, au point G, était un aqueduc qui se séparait en deux ou trois branches au-dessous du sol, à 2m33 de profondeur. Une des branches de cet aqueduc traversait la place qui est en face de l'église, dans la direction du sud au nord. Une autre branche d'aqueduc se dirigeait vers les arènes. Le bloc dont je donne le dessin a été découvert entre les arènes et le temple. C'était une des pierres supérieures qui couvraient les pierres inférieures du canal. Elle était taillée en caniveau.

           

Jean-Hippolyte Michon, 1844

 

Zone de texte:              Le plan du théâtre affecte la forme d'un fer à cheval. Son plus grand diamètre est de 70 mètres. L'arène formée de la scène et de l'orchestre avait 50 mètres de diamètre. Les travaux que nous avons fait exécuter sont les suivants :

1° Dégagement de la voûte AB qui recouvre l'aqueduc OC. Cette voûte, à plain cintre, a 71 mètres de longueur, 2 mètres de hauteur et 0m95 de largeur. Un éboulement qui s'est produit au point SI nous a empêché d'aller plus loin, aussi n'avons-nous pu dégager que 10m50 de cette galerie souterraine.

2° La portion AB de l'aqueduc a 3m50 de profondeur et 0m70 de largeur. Ce canal est entièrement taillé dans le rocher. Les dalles qui recouvraient cet aqueduc ont été enlevées par les habitants de Chassenon pour la construction de leurs demeures. Ce canal prend naissance au centre du théâtre et servait à l'écoulement des eaux pluviales. Nous avons ensuite fait creuser, au point E, une tranchée de 5 mètres de long sur 2 mètres de large, pour nous assurer si la couche de terre rapportée avait partout la même épaisseur. Nous avons en effet reconnu que le rocher était partout à la même profondeur, c'est-à-dire à 1m50. Nous nous sommes également rendu compte par cette fouille que dans la partie MN, le rocher était taillé à pic.

Enfin, nous avons fait pratiquer une tranchée de 19m85 dans le sens IR. Ce travail nous a permis de constater la présence de quatre gradins concentriques. Ces gradins reposaient sur des assises de maçonnerie de 1m de large et un intervalle de 2m65 les séparait les uns des autres. Un mur de 1m50 à 2m de hauteur se trouvait placé entre l'arène et le premier gradin.

En faisant exécuter ces différents travaux, nous n'avons recueilli que des tuiles à rebords, des débris de poterie et de nombreux clous de fer.

Albert Masfrand, 1900

(Le plan auquel Albert Masfrand se réfère n'a pas été publié et nous est inconnu)

           

 

            M. Lasvergnas, propriétaire qui exploite une carrière située à Chassenon en bordure de la route de Rochechouart à Chabanais vient de mettre à jour de curieux vestiges de l'ancienne cité gallo-romain de Cassinomagus. Pour agrandir la surface d'exploitation de sa carrière, il fait procéder en ce moment à l'enlèvement des terres meubles recouvrant le banc de rocher où il extrait la pierre. Ce travail a dégagé deux piles en maçonnerie construite en petit appareil gallo-romain et reposant sur le rocher. Au sommet de l'une d'elles, on distingue le commencement d'un cintre, dont la voute est démolie. (Ces piles) semblent disposées suivant une courbe (qui) paraît suivre parallèlement la grande courbe elliptique qui limite la concavité de l'arène.

            Il est à souhaiter qu'en continuant le déblaiement, on cherche si d'autres piliers n'existaient pas sur une ligne circulaire, ayant les arènes pour centre. Des gens du pays prétendent que dans ce champ, il y a sous terre d'autre murailles. Si on arrivait à les mettre à jour, peut-être y aurait-il là une curiosité qu'il serait regrettable de voir disparaître.

Zone de texte:  Le Courrier du Centre, 15 janvier 1913

Zone de texte:

            L'amphithéâtre est de plan elliptique. Les débris de murailles, rendus apparents par l'enlèvement des terres qui les recouvraient, au cours des travaux exécutes il y a quelques mois par M. Lasvergnas, sont placés sur l'un des points du pourtour. Ils comprennent deux parties, l'une extérieure, l'autre intérieure.

            La première se compose de six piliers de 2m15 sur 1m35, renforcés par un dosseret de 15 centimètres de saillie. Leurs cotés latéraux semblent se diriger vers le centre de l'arène formant ellipse.

            La seconde comprend quatre autres piliers de 2m10 sur 1m08, placés en face des précédents, orientés comme eux, et formant une ligne distante de 2m25 de la première. (Au-delà) quatre murs partant chacun des piliers du second rang, se dirigeant aussi vers le centre de l'édifice, dessinent trois espaces vides de 4m de largeur environ. Ces murs, à une distance de 2m88 des piliers sont renforcés, sur chacune de leurs faces, par des dosserets de 70 centimètres de largeur sur 12 centimètres de saillie.

            La maçonnerie, de très bonne qualité, est en petit appareil de 11 centimètres de hauteur, joints compris ; leur longueur, sur les piliers du premier rang, est de 12 centimètres à l'intérieur et de 25 centimètres sur la face externe.

Guérin-Boutaud, 1913

           

 

            En nous promenant pour aller chercher de l'eau, un paysan nous a emmené chez lui. Il nous a montré un petit coq gaulois en buis. Ensuite, il nous a mené voir les arènes, malheureusement il n'en reste plus que quelques parties mais on voit distinctement l'endroit où se mettaient les acteurs, les spectateurs et le bêtes féroces. Il reste même d'énormes colonnes de 1m de hauteur sur 0,30 m de diamètre environ.

Francois Beaure d'Augères, 1928

Zone de texte:

            Les ruines des arènes sont posées sur la roche. Il est probable que les gradins aient été entaillés dans la masse rocheuse. On voit le débouché d'un vomitorium (un seul). Tout l'intérieur du monument est recouvert de terre, mais on en distingue la forme générale. Il semble que l'un des cotés soit rectiligne.

            Devant l'atelier du cimentier, on trouve trois fragments de colonnes, de 40 cm de diamètre, (dont deux avec bases), en calcaire coquillier, d'une hauteur à peu près égale à 90 cm.

Frank Delage, notes manuscrites, 1934

 

Zone de texte:              On constate avec peine l'exploitation des arènes, dont la destruction se poursuit depuis plusieurs années, les murs et les voutes du coté sud étant abattus par un entrepreneur de carrière qui transforme les moellons en blocs de ciment et en monuments funéraires.

Joseph Boulaud, 1934

           

 

            En 1988, nous avons effectué une couverture photographique verticale des monuments de Chassenon. Au centre d'un des clichés, sur une parcelle attenante aux ruines des arènes, figure sur plus de 50 m, l'image de deux portions de circonférences concentriques, la plus proche du centre recevant trois « couloirs » rayonnants. L'interprétation privilégie l'hypothèse d'un monument circulaire ou semi-circulaire, les traces concentriques (substructions de murs ou leur image fantôme) délimiteraient une galerie de façade à arcatures.

Jean-Régis Perrin – Christian Vernou, 2001

           

 

            Les vestiges de l'amphithéâtre de Chassenon sont classés au titre des Monuments historiques depuis 1936. Les terrains, achetés par l'Etat, ont été cédés au Département de la Charente en 2007.

 

Laurent Pelpel

 


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