Le trésor de la Guierce, une histoire passionnante

Depuis 2007 deux Amis de Chassenon Laurent Pelpel et André Berland se sont lancés dans l'aventure: reproduire à l'identique le trésor de la Guierce dispersé à travers le monde…

 

                               1849/2011 - plus de 160 ans après,

      le trésor de la Guierce est revenu sur ses terres

 

 

Une découverte fortuite en 1849

En 1849 en Haute Charente, les frères Bissirieix, voulant creuser un fossé, découvrent près du hameau de la Guierce, commune de Pressignac, un trésor de l’époque gallo-romaine.

Enfoui à 50 cm de profondeur, il comprend des vases, des aiguières, des patères, de la vaisselle, des cuillères, des bracelets et bagues d'or et d'argent, quantité de monnaies d'argent et de bronze, et surtout un étonnant vase en bronze émaillé.

 

La dispersion du trésor

Maurice Ardant, grand érudit limousin, spécialiste de l'histoire des émaux, publie pour la première fois, en 1855, le récit de la découverte du trésor, la description de son contenu et le premier dessin du vase émaillé, réalisé par Alphonse Trémeau de Rochebrune père.

 

Les frères Bissirieix monnaient leur découverte, sans faire fortune, car ils ne réalisent pas la rareté de ce vase, auprès d'orfèvres et de collectionneurs.

M. des Roches de Chassay, propriétaire terrien près de la Guierce, acquiert des bagues et des monnaies. Un orfèvre de Limoges achète des bracelets, des bagues et des cuillères, qui rejoignent quelques décennies plus tard le musée archéologique de Nantes, par l’entremise de Fortuné Parenteau, son fondateur. Ils y sont toujours exposés (Musée Dobrée).

 

John Bolle, avocat à Angoulême, co-fondateur de la Société archéologique et historique de la Charente, et grand collectionneur, achète pour 50 francs le vase émaillé. En 1890, Ernest Rupin en fait un dessin d'après une photographie de Mme veuve Bolle

Le vase reste propriété de la famille jusqu'aux années 30. En 1931, il est vendu, à Paris, au grand collectionneur Joseph Brummer.

 

Ce dernier, élève de Matisse et ami du « douanier » Rousseau qui réalise son portrait, ouvre des galeries d'art à Paris et New York. A sa mort, en 1947, son frère Ernest Brummer, fait don du vase émaillé au Metropolitan Museum of Art de New York. Il s'y trouve toujours. Il est une des plus belles et des plus célèbres pièces de la section émaillerie du grand musée américain.

 

2008 les Amis de Chassenon lancent la reproduction du vase de la Guierce

Le musée de Nantes a édité des reproductions en argent massif des bracelets et des bagues qu’il nous a été possible d’acquérir. Le vase exposé à New York, pièce maîtresse de ce trésor, n’avait pas été reproduit à ce jour, car c’est une pièce beaucoup plus élaborée que les bijoux eux-mêmes.

            Les Amis de Chassenon en la personne d’André Berland et de Laurent Pelpel ont alors lancé l’idée d’une reproduction du vase en s’appuyant sur les compétences d’émailleurs limousins. Après en avoir informé le Metropolitan Museum, l’association a lancé en mars 2008 une souscription populaire pour financer cette action, dont l’aboutissement sera l’exposition du trésor aux Thermes de Chassenon. Le pari n’était pas gagné d’avance, car la Charente Limousine ne dispose d’aucune structure muséale sur laquelle l’association aurait pu s’appuyer.

            La souscription a maintenant atteint près de 100 donateurs, pour l’essentiel des habitants ou apparentés de Pressignac, Chassenon et des environs. L’office de Tourisme de Haute Charente, la Ville de Rochechouart, la Fondation Agir de la Caisse Régionale de Crédit Agricole, ont également souhaité soutenir financièrement cette action.

            Pour réaliser la reproduction du vase, l’Association s’est orientée vers des émailleurs intéressés par l’histoire de l’émaillerie et maîtrisant parfaitement la taille d’épargne, technique de base de l’émail champlevé. Elle s’est adressée à l’atelier limougeaud de Jean-François Dehays et d’Alexandre Burguet. Les artisans ont parfaitement respecté les délais et le trésor a fait sa première sortie en public dans la vitrine présentée au Crédit Agricole de Chabanais.

 

            Mais avant d’entreprendre le travail, il a fallu réunir le maximum de renseignements sur le vase : anciennes publications et photographies. Le Conservateur du Musée Dobrée de Nantes a également apporté ses précieux conseils. La réalisation met en œuvre plusieurs métiers et diverses techniques. Le vase est réalisé en trois pièces : deux bols formant un corps en deux parties, réalisé en dinanderie, et le col, plus épais, en fonderie. Intervient ensuite le travail des émailleurs proprement dit, enchaînant le dessin, la gravure à l’eau-forte et la retouche en échoppe. L’échantillonnage des couleurs fut une phase délicate pour permettre de retrouver l’originalité de la palette de l’époque antique, où étaient associés le bleu foncé, le rouge orangé et le vert pâle. Les étapes de finition, lapidage, polissage et patine viendront parachever l’ouvrage.

            La pièce ainsi obtenue ne peut se confondre avec l’original conservé à New York, puisque le fond percé et les quelques manques de la panse n’ont pas été reproduits. De même, on n’a pas cherché à recréer le pied, et la supposée anse, sur lesquels on ne dispose d’aucun renseignement.

L'ensemble de la reproduction du trésor de la Guierce est maintenant exposé dans une vitrine du pavillon d'accueil de Cassinomagus..

 

 

La revue Poitevine le "Picton" en a longuement parlé et vous pouvez consulter l'article en cliquant sur le lien ci-dessous.

/sites/amis-chassenon-org/uploaded/2008-picton-vase-guierce.pdf

 

Photo New York André Berland

Photo Chassenon J.Claude Barthout


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